C'est
en parlant de poétique d'entreprise à Jean Louis Azizollah, que
Béatrice de Damas est entrée dans le carré. Expérience apprenante aux
côtés des fondateurs Gerard Caron, et Michel Disle le designer de
l'emblème de François Mitterand, le designer symboliste et héraldiste.
Elle
crée pour la prospective Carré noir et ses nouveaux clients, le plus
souvent en concours, de nouvelles méthodologies, et philosophies de
marques, "appliquant" la sémiologie aux problématiques corporate pour
créer une image performative, et créatrice de valeur. Elle cherche
l'axe médian entre l'intemporalité, necessaire à la capitalisation de
la marque, et l'éphémère tendance, créatrice de viviers de marques en
voie de capitalisation.
Un mois après son entrée,
elle arrache à Jacques Séguéla qu'elle admirait son premier trophée :
la création de l'image du Bon Marché sur la rive gauche, par une lettre
de philosophie de la marque adressée à Philippe Vindry, le logotype
pourtant si intemporellement dessiné par Béatrice Mariotti n'ayant pas
suffit à remporter le concours. Enfin la reconnaissance graphique
viendra après le lancement du nouveau Bon Marché, par le prix de l'Art
Director's Club de New York.
Elle entend au Sénat la
cause perdue du Liban, et explore pour elle ce qui peut être transposé
d'une politique corporate institutionelle, à une stratégie de farouche
résistance en contexte de guerre. Elle présente à Beyrouth en mai 1988,
en période des otages, l'emblème offert par Carré Noir pour la
reconstruction du Liban. Pour la Résistance Libanaise FL, elle crée la
première méthodologie d'image de marque d'une résistance.
Lors
de la première privatisation télévisuelle, elle crée le premier audit
de qualité d'un continuum de chaîne de télévision pour la nouvelle
présidence de TF1, et par cet audit, le commencement du souci de
l'autre,l'auditeur-citoyen libre devant le producteur libéral,
naissance d'un face à face.
Ayant commencé une
recherche doctorale sur la sémiologie de l'image de marque sous la
direction de Louis Marin à l'EHESS, elle initie à la logique capitale
de l'image de marque, le carré de la rive gauche intellectuelle :
l'école des Hautes Etudes en Sciences Sociales, et ses représentants
prennent un plaisir récréatif sur la rive droite à comprendre l'art du
logotype, et de la politique d'image.
Pour le
Conseil de l'Europe, elle tente de concilier deux cultures du design :
l'euro-baltique et l'euro-méditerranéenne : cela donnera grâce au
talent de la graphiste Béatrice Mariotti le logotype EURIMAGES pour le
fonds de soutien européen aux cinémas européens : deux colonnes
étoilées comme à la recherche de l'étoile polaire perdue, ce logotype a
depuis signé tant d'oeuvres excellentes qu'il fonctionne pratiquement
comme un label de qualité, une sorte de pré-sélection.
Avec
Michel Disle, elle forme un tandem recherche-création pour l' image de
marque Etat, ville, région, département de l'Agence. Leur
complémentarité s'illustrera dans la réalisation des images des villes
d'Amiens, de Saint-Germain en laye, du département de la Vendée et, à
l'occasion du bicentenaire et de la présidence française de l'Europe en
1989, d'une recherche fondamentale sur le choix des armes de la France.
Pour
CERABATI, elle découvre la plus ancienne marque du patrimoine français,
une griffe dans le froissé de la grotte de Lascaux, qu'elle fait
reproduire par le graphiste Benoit Higel pour devenir le nouveau
logotype de la première marque de grès française.
Pour
la SNCF, elle crée la méthodologie du premier audit visuel de
signalétique sur les sites des gares parisiennes, audit dont la
finalité est la hiérarchie dans l'espace architectural des gares, de
l'information, de la publicité et de la signalétique.
Béatrice
de Damas a innové en créant "l'audit d'image de marque", depuis repris
par de nombreuses agences, dans une version plus formatée sur un plan
marketing, et plus édulcorée en terme de résultat. Son souci de créer
des méthodologies uniques et créatives en réponse à des problématiques
de plus en plus complexes en a fait un partenaire recherché des grandes
directions stratégiques. Sa deuxième innovation fut en politique
d'image de défense.
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